vendredi 31 juillet 2009

31 juillet - cinquième courriel



Je vais faire ça court, pour les ceuzes qui sont tannés de lire…

1- J’ai vu Figueira da Foz.  C’était ben beau.
2- J’ai vu Coimbra.  C’était ben beau.
3- J’ai vu Viseu.  C’était ben beau.
4- J’ai vu Braga.  C’était ben beau.
5- J’ai jasé à Braga.  Ça s’est bien passé.
6- J’ai vu Porto.  C’était ben beau.
7- J’ai bu du Porto.  C’était ben bon.
8- J’ai vu Lisbonne.  C’était ben beau.

Pis pour les autres, voici un peu de détails, chiffres portugais à l’appui (et avec la prononciation!)…


2.  « Doïche »
Mardi 28. Lisbonne  – J’ai failli mourir deux fois.  Une vraie et une symbolique.
Je suis allée visiter Sintra, à une trentaine de kilomètres de Lisbonne.  C’est sur une montagne.  Je commence à avoir ma claque des montagnes, moi (l’été prochain, c’est les prairies canayennes…).  Y’a un autobus qui part de la gare de Sintra (là où j’ai débarqué) et qui fait la ronne touristique: arrêt dans la partie historique de la ville, le château mauresque et le château de Pena.  Si la ville est un peu plus en bas, les deux châteaux sont tout en haut.  Moi, je suis au château mauresque et, avec d’autres, j’attends le passage de l’autobus pour me ramener en bas.  Y’a une madame qui arrive et qui nous dit, en espagnol, que y’a des zinnocents qui se sont stationnés où ils avaient visiblement pas d’affaires, ce qui fait que les autobus ne passent plus et que la grue a été demandée pour déplacer l’auto (se avisa grua, tiens, même si je sais toujours qui avise qui…)  Y’a des madames à côté de moi qui n’ont rien compris, alors j’ai traduit, de l’espagnol à l’anglais…  L’autobus a fini par arriver, mais avec une bonne trentaine de minutes de retard.  Alors, le chauffeur a voulu rattraper son retard en descendant.  Petite route étrette qui tourne et qui tourne et qui tourne… Y’a un Français, pas loin en arrière de moi, qui disait: «Je vois ça en première page, demain: 16 Français tués dans un accident d’autocar au Portugal».  Je le trouvais pas vraiment rassurant, pis la madame Italienne, à côté de moi, devait pas comprendre ce que le Français disait, mais elle était pas plus rassurée que moi.  Pis il l’a répétée au moins 5 ou 6 fois, sa joke.  Y’aurait pu laisser faire…  J’ai encore pensé à mon testament…
De retour à Lisbonne, il y avait une exposition à coté de la gare que je voulais voir, quand c’était à Montréal: le Titanic.  C’était une belle expo.  En arrivant, on nous donne une carte d’embarquement, avec le nom d’un passager.  J’étais Elizabeth Gladys Dean, passagère de 3e classe.  Pis quand on arrive à la fin de l’exposition, on a la liste de tous les passagers, ceux qui ont survécu (il y en a plus en 1re classe qu’en 3e…) et ceux qui sont morts (surtout en 3e et dans le personnel du bateau).  Ben… contre toute attente, j’ai survécu au naufrage du Titanic!


3.  « Trèche »
Samedi 25. –Encore Porto.  Mais ça achève.  Je suis rentrée de mon excursion de la journée les jambes rentrées dans le tronc jusqu’en dessous des bras, tellement j’ai marché.  Pis c’est que Porto, c’est tout en pentes.  Pour les voitures, les chauffeurs se mettent sur le break à bras à tout bout de champ quand ils attendent à un feu rouge… pis y’a toutes sortes de petits tunnels; des fois, ils font à peine 100 mètres de long.  C’est très étrange.  Mais pour les piétons, ben, faut marcher.
Hier, dans ma ride d’autobus-à-touristes, j’ai vu une annonce pour un… El Corte Inglés!!!  Oui mes amis!!!  Il y a un El Corte Inglés à Porto!!!  Est-ce que j’allais laisser passer ma chance?  Point du tout.  D’autant plus qu’il est très récent…  Faque je marche, je marche jusqu’à la station de métro la plus près de l’hôtel (ça se révèle quand même assez loin).  Je prends le métro, parce que le El Corte Inglés, il est à Gaia, au bout de la ligne jaune, la D.  Pis le métro, il ressemble à un tramway (il roule sur des rails), il est tout neuf et… il est un Bombardier.  Une petite fierté québécoise, tiens.  Je descends du métro, sortie João de Deus (traduction: Jean de Dieu).  Et là, qu’est-ce que je vois?  Le plus beau El Corte Inglés de la Création!!!    Il fait 8 étages, tout en vitres.  Eh que j’ai hâte d’aller voir…  Pis je me trouve ben gnaiseuse.  J’ai besoin de rien.  Bon.  Pour la forme, je suis allée voir les souliers.  Mais j’ai rien acheté.  J’ai regardé le linge, j’ai rien acheté.  J’ai regardé les bijoux, j’ai rien acheté.  Pis c’était pas toutes les mêmes souliers pis le même linge qu’en Espagne... parce que le Portugal, c’est un autre verrat de pays ousqu’y font des souyers!!!  Même si c’est le même magasin.  J’ai quand même succombé pour 3 disques dont deux d’un Brésilien que j’ai vu à la tivi espagnole la veille de mon départ de Cádiz.
Pis là, j’ai marché le long de la ligne du tramway… parce que je voulais traverser le pont Luis I à pied, sur la travée du haut.  Ben oui, quin.  J’ai pas le vertige, moi, d’abord?  En haut, il y a juste le tramway et les piétons qui passent là.  Mais vous dire la vue qu’on a de Gaia et de Porto, d’en haut, c’est à couper le souffle!!!  C’est tellement beau…  On voit très bien l’étendue de toutes les compagnies de porto (genre Graham’s, Offley, Ferreira, Calem, Sandeman et une bonne dizaine d’autres).  Il y a là, d’entreposés, des millions et des millions de litres de porto, c’est sûr. Moi, je vote pour l’intraveineuse en permanence!
Je suis revenue à l’hôtel vers 21h, encore une fois les jambes rentrées dans le tronc.  Pis j’ai ouvert la tivi.  Comme y’a rien en français, ben j’écoute en espagnol.  L’anglais, ça me tente pas.  Pis je suis tombée sur un reportage sur la fête de la St-Firmin, à Pampelune.  Le lâcher des taureaux, finalement, y’a rien là.  C’est à tous les jours pendant une semaine, mais ça dure quelques minutes (les 800 mètres à courir, finalement, jusqu’aux arènes de la ville).  Non, le pire là-dedans, c’est l’ivrognerie.  Les gens vont là (les jeunes surtout, mais la jeunesse, ça peut aller loin dans l’âge, quand les gars – surtout – sont en gang!) pour se saouler, pour déconner, pour crier fort et ne pas trop se rappeler ce qu’ils font…  Les policiers et ambulanciers interviewés racontaient à quel point cette semaine est éprouvante pour eux: il y a toujours des morts à cause de l’alcool.  Les gens s’endorment n’importe où, complètement saouls et les ambulanciers (comme les policiers) doivent les regarder un par un, pour être sûrs qu’ils ne sont pas déjà morts ou en état de coma éthylique.  C’était dégueulasse (je vous épargne le vomi, le sang des batailles et autres fluides corporels répandus dans la ville), mais je pense que c’est surtout pathétique.  Ça me faisait un peu penser à ce que Henning, mon amant allemand mais surtout policier en civil, racontait sur l’Oktoberfest, à Munich.


4.  « kouatrou »
Vendredi 17.  Braga  – Quelle langue je parle, moi?  Réponse:  Aucune idée.  Vous dire si je suis mélangée, ça n’a aucune espèce d’allure.  D’abord, comme je ne comprends pas un traitre mot de portugais (et que je ne veux pas comprendre), je suis guirée langue seconde dans ma tête.  Et qui dit langue seconde, dit espagnol.  Alors, quand ils me parlent en portugais, j’ai juste envie de répondre en espagnol, pas en anglais. Je sais que la plupart le comprennent fort bien, mais qu’ils ne veulent pas trop qu’on leur parle en espagnol… mais mon espagnol est totalement déficient (et se déficientise au fur et à mesure que le temps passe et que je ne le parle plus). Alors, je vire en anglais, mais dans un anglais aussi déficient que mon espagnol, parce que les mots ne me viennent plus…  Juste pour vous donner une idée:  samedi matin, je quitte l’hôtel IBIS en direction de Braga.  Avant de partir, je veux faire faire des photocopies pour ma présentation au colloque.  Alors, je demande à la fille, à l’hôtel: «Is there a tienda cerca de aqui donde I could make fotocopias?»  Plus mêlée que ça, ça s’invente pas.  Pis là, je suis partie à rire et j’ai essayé de reformuler ça juste en anglais…
Je vais essayer de prendre l’habitude de demander aux gens, d’abord (après avoir dit «bom dia»), s’ils parlent français.  Sont pas pire pour ça, les Portugais.  En tout cas, la madame à la tienda des fotocopias, quand elle a vu que je voulais photocopier des documents écrits en français, elle s’est mise à me parler en français.  Pis je pense qu’elle était contente.  Pis la même affaire est arrivée, quand j’ai (finalement…) mis les pieds à l’hôtel da Lago de Braga.  Le type à l’accueil a vu que j’avais des documents en français et il m’a demandé s’il pouvait me parler en français: «Je n’ai pas la chance de pratiquer souvent».  Pas de problème… Pis mon côté prof a refait surface dans le temps de le dire…  Donc, quatre langues : le français, l’anglais, l’espagnol et la langue dans le vinaigre.


5. « sinnekou »
Lundi 27.  Lisbonne  – C’est aujourd’hui que je prends possession de ma dernière chambre d’hôtel de ce long séjour.  C’est rien de moins qu’un cinq étoiles, à Lisbonne.  Le petit Poussin, qui est à l’accueil, est beau comme tout (25 ans, et probablement dans mon équipe) et a un accent absolument charmant, surtout quand il m’a dit, à ma question s’il parlait français: «Un peu.  Si vous me parlez avec douceur, je comprends meilleur.»  Oulala!...  Pas de problème, Poussin, je vais te parler avec toute la douceur nécessaire…  Dans la porte de la chambre, ça dit que ça coute 799 euros la nuit pour crécher ici!  Inquiétez-vous pas, c’est pas ça que je paye…  Ça s’appelle le Eurostar Das Letras.  Partout, dans l’hôtel, il y a des noms d’auteurs, des extraits de poème ou de roman.  J’ai d’ailleurs un extrait de «The Love Song of J. Alfred Prufrock» de Thomas S. Eliot au-dessus de mon lit.  Et les draps sont d’une douceur absolue, encore mieux que dans mon escapade au Sheraton de Vancouver, Dan s’en rappellera, d’heureuse mémoire…  Je sens que je vais bien dormir…
Découverte de Lisbonne, aujourd’hui.  Autre coup de cœur.  C’est tellement beau…  J’ai arpenté la colline de l’Alfama, en plein cœur de la ville.  Ça prend des bons mollets et je sais que Pascale n’aimerait pas ça en redescendre: faut être sur les breaks tout le long et les petits pavés beiges, ben, ça glisse.
Ce soir, souper au resto de l’hôtel.  J’ai encore une fois les jambes rentrées dans le tronc, je commence à ressembler à Kenny.  Faque ça me tente pas de ressortir…  J’ai mangé une pizza tout à fait convenable… et, parce que je m’ennuie, j’ai dit oui au serveur quand il m’a proposé un brownie pour dessert!  Il était bon en tipépère, même s’il ne valait pas celui de St-Hubert!  Côté prix, par exemple, il le dépassait largement…  La pizza a couté 13 euros et le brownie… 8,5.  Me sembre que c’est exagéré un peu, non?  Même si y’était ben bon!


7.  « sèteu »
Samedi 18. Braga – Pis c’est pas parce que je parle pas la langue que je ne succombe pas…  Je suis passée (un détour de 150 km) par Viseu, entre Figueira da Foz et Braga.  C’était vraiment joli…  et, à mon grand désarroi, c’est aussi les ventes au Portugal.  Les «saldos» dans la langue du pays.  Alors… ben… c’est ça.  J’ai encore succombé.  À 19,95 euros, c’est vraiment pas exagéré!  On est au 2e doigt de la 2e main.  Ça fait 7, ça.
Début de soirée.  Je suis arrivée sur ma montagne.  Tu parles.  Quand j’ai réservé mon hôtel pour le colloque, en février ou à peu près, j’ai aucune idée à quoi ressemble Braga.  Le colloque fait affaire avec une agence de voyages qui s’occupe de réserver les hôtels et d’inscrire le monde au colloque.  Je me dis que c’est plus simple.  Alors, je fais affaire avec ladite agence, comme la plupart de mes congénères québécois (on doit être une vingtaine!).  Le colloque a lieu à l’Université Minho de Braga (Minho étant le nom de la «province» du nord du Portugal où on se trouve).  Et les 4 hôtels les plus proches (à vol d’oiseau) sont situés sur la montagne, en face.  Sauf que, sur la montagne… il y a une église.  Une espèce de sanctuaire, genre l’oratoire St-Joseph, avec un escalier à monter à genoux...  Mais en pleine forêt.  D’abord, je me suis perdue solide dans Braga en cherchant ledit hôtel.  Parce que je suis allée vers le centre-ville, tiens.  Vous auriez fait quoi, à ma place?  Normalement, un colloque, ça s’organise dans le monde, pas en pleine forêt.  Alors, devant le peu d’hôtels qui portaient le nom que je cherchais, je me suis fiée un peu plus au peu que je voyais sur ma carte.  Pis là, j’ai vu une indication.  Ça montait en serpentin dans la forêt.  Et ça indiquait encore et toujours la Cathédrale Bom Jesus.  C’est parce que je viens à un colloque de l’Association européenne sur la lecture, je viens pas faire un pèlerinage!  J’arrête devant l’hôtel Elevador (parce qu’il est à côté d’un petit train à crémaillère qui part du milieu de la montagne et qui monte à côté de ladite cathédrale) et je me dis que je vais aller demander mon chemin.  Je montre le courriel reçu de l’agence de voyages à la fille à l’accueil: «Excusez, je cherche l’hosteis Bom Jesus, mais je pense que je suis perdue…»  «Non! non!  C’est ici.  C’est quoi votre nom? »  Ben, cibole, elle a trouvé mon nom sur la liste des clients de l’hôtel da Lago, un des quatre hôtels où vont les touristes qui viennent justement faire un pèlerinage.  De quossé?  C’est ici???  J’ai failli perdre sans connaissance.  J’ai fini par comprendre qu’à vol d’oiseau, c’est ce qu’il y a de plus près de l’université.  C’est juste que c’est super mal foutu.  D’abord, il y a une seule ligne d’autobus qui passe en bas du petit train à crémaillère, à toutes les demi-heure.  L’autobus peut nous amener pas trop loin de l’université et au centre-ville, ça va.  Mais la quantité de touristes qu’il y a ici, c’est profondément hallucinant.  Et comme on est au sommet de la montagne, c’est un peu un cul-de-sac.  Y’a pas d’autres moyens que de redescendre sur ses pas, si on veut s’en sortir.  Et à cause de la vocation de la montagne, y’a plein d’autobus qui déversent leur flot de touristes-pèlerins qui viennent visiter la cathédrale.  La route menant au haut de la montagne étant en serpentin, ben les autobus prennent les deux voies de large pour virer…  C’est insupportable de lenteur de descendre de ladite montagne.  Pas hâte de voir ça demain, en plein jour du Seigneur, moi là…  Ça a beau être plus près, à vol d’oiseau, c’est absolument pas pratique.  Mais là, pas pantoute.  Même si le centre-ville était un peu plus loin de l’université, ça aurait été bien mieux…

Un petit cours de portugais 101:  la montagne – et la cathédrale –, ça s’écrit «Bom Jesus» et ça se prononce «Bon Jézouche». Sachez-le.


9.  Noveu
Lundi 20.  Braga – En soirée, on est allé souper, Lizanne, Julie, Phillip, Brigitte, Marian, Jean-Guy, Martine, André et moi.  On voulait aller manger du cochon portugais, mais comme on n’avait pas commandé d’avance ledit cochon, on a été obligé de se rabattre sur la morue.  Mais c’était super bon.  On a tellement ri…  Ça doit être à cause du vin portugais.  On était dans un resto familial avec des locaux et où il y avait un party de fête auquel on a participé: on a chanté «Mon cher ami» au vieux monsieur, dont c’était l’anniversaire.  En échange, on a eu droit à une bouteille de champagnette portugais et à une bonne part du gâteau!  Et en prime, on s’est pris en photo avec le propriétaire du restaurant, Fernando qu’il s’appelait, et sa photo (qui devait dater d’une bonne vingtaine d’années) qui trônait au milieu du mur.  Mais vous dire s’il était content d’être pris en photo avec un paquet de femmes venues d’ailleurs… il était au bord de l’orgasme, c’est sûr !


17. « deuzeusèteu »
Mercredi 29.  Lisbonne  – Rencontre hors du commun.
Quelque part au début de mon séjour cadixien, j’ai reçu un courriel d’une fille au Portugal qui voulait échanger son appartement avec le mien pour le mois de septembre.  Je lui réponds (parce que je sais vivre) que je ne peux pas, je suis prof et j’aurai repris le travail.  Elle est contente que je lui réponde et me dit que si jamais j’ai besoin de quelque chose à Lisbonne, que je pourrai toujours compter sur elle.  «Ben justement… parlant de Lisbonne…»  Alors, on s’est échangé un paquet de courriels et on s’est rencontrés en fin de journée aujourd’hui.
Maria Joao a 29 ans et son chum, Bruno, 28.  Sont tellement cutes, ça se dit pas.  Ils ont «gagné» une bourse pour venir faire leur doctorat en chimie (eurk…) à Montréal, à l’INRS (à Varennes, en fait).  Ils voulaient faire un échange de maison pour septembre, pour se donner le temps d’arriver à Montréal et de se trouver de quoi habiter pour un an (j’ai trouvé l’idée brillante).  Alors, d’avoir une Montréalaise à qui ils pouvaient poser toutes leurs questions avant de partir les ont beaucoup rassurés.  Je me revoyais, il y a 17 ans, au moment où je suis partie pour étudier à Lille.  J’avais eu Hélène, une amie d’une amie d’une collègue de mon père, qui m’avait «sauvée» en m’hébergeant chez elle (sans me connaître!) pendant trois semaines, le temps que je trouve un appartement et qui m’avait expliqué tous les tenants et aboutissants de la vie lilloise et française.  Là, je suis contente de pouvoir rendre la pareille à quelqu’un d’autre…  Ils ne viendront pas habiter chez moi, compte tenu qu’ils ont déjà une maison pour septembre, mais j’étais contente de pouvoir les rassurer.  Je sais à quel point c’est important.  Bon, je les ai aussi un peu fait frémir en leur parlant de l’hiver, mais je leur ai dit que ça prenait 4 choses pour survivre à l’hiver: des bonnes bottes, un bon manteau, de la bouffe d’hiver et du petit Caribou…


19.  « deuzeunoveu »
Vendredi 17.  Figueira da Foz  – Je pars arpenter la province portugaise.  Direction: Coimbra.  Cibole que c’est beau.  Petite ville universitaire sur un promontoire, petites rues escarpées, jardin botanique dans lequel je me suis perdue (c’est pas de ma faute: à peu près toutes les grilles étaient fermées et il me fallait toujours revenir sur mes pas…), ascenseur et petit train à crémaillère qui m’amènent en haut, sandwich mangé sur un banc de parc…  Tout pour que ce soit romantique.  Sauf que je suis toute seule.  Mais je suis tout à fait capable d’être romantique toute seule.
Souper…  Je vais vraiment pouvoir écrire un film, moi!!!  Après le diner au bocadillo de jamón à Córdoba, voici le souper au poisson (aucune idée c’était quoi) à Figueira da Foz.  De l’extérieur, ça ne paye pas de mine.  Ça va.  Je rentre.  La madame à l’accueil me demande si je suis seule.  Ben oui, madame.  Alors, elle m’envoie au comptoir.  Là, je fais visuellement le tour de mes comparses de comptoir.  Il y a 19 places: trois sont libres et les 15 autres… ben, c’est des hommes.  Des vrais.  Pis pas des tites affaires de 25 ans.  Non, de l’homme.  Genre 50 ans.  Des Portugais locaux poilus comme des ours.  Ça parait dans leur face, sur leurs bras et sur leur peu-de-torse qu’on voit la chemise déboutonnée.  Pis même si c’est un resto relativement correct (ça pourrait ressembler au Vieux Duluth, pour l’ambiance et la déco, mais pas mal plus tassé), il y a une télé où l’équipe de foot du Portugal est en train de se faire planter par celle du Brésil.  Oulala, la méchante affaire.  Faque mes comparses de comptoir se gavent de vin rouge (tout le monde paye pour quelqu’un d’autre assis à côté, un moment donné, même s’ils ont pas tous l’air de se connaitre) et de sardines frites.  La serveuse remplit les verres (des petits ballons) plein à ras-bord de vin rouge un peu trop chaud et elle ajoute un peu de vin ben frette qu’elle sort du fridge, pour rendre ça buvable.  Je vous jure!  J’y ai gouté…  J’ai mangé une soupe aux poissons comme entrée.  Un pur délice.  Et pendant ce temps, mes Portugais s’agitaient sur leur banc, invectivaient la télé (comme si elle pouvait y faire quelque chose), buvaient du vin et mangeaient des sardines.  Moi, j’étais tranquillement assise au bout du comptoir (y’avait 8 places d’un côté et 8 de l’autre, avec 3 places au bout, dont une que j’occupais) et je les regardais, mais pas trop; j’avais ben que trop peur qu’ils me parlent!  J’aurais dit quoi?  Je comprenais rien à rien.  J’était aussi à l’aise que E.T. dans un bol de céréales.  Après, mon poisson est arrivé.  Peut-être du bar, mais je ne gagerais pas l’intérêt de mes dettes là-dessus.  Avec des patates bouillies.  Pis des fèves vertes.  Vous dire que j’ai tripé, ça ne se dit pas…  D’abord, le poisson était cuit, juste ce qu’il fallait.  À la perfection.  Pis les patates.  Ça doit ben faire deux siècles et demi que j’avais pas mangé de patates bouillies (je ne m’en fais pas vraiment chez nous…), mais celles-là m’ont réconciliée avec la vie de la patate bouillie.  Juste ce qu’il fallait de sel dans l’eau.  Pas trop, pas pas-assez.  La perfection faite patate-bouillie.  Pis les fèves?  Pareil!!!  J’ai même fini par aimer le vin rouge chaud-froid…  Ça doit être à cause de l’ambiance!  C’est pas que ça sentait la testostérone, non.  Ça sentait la sardine!!!... Tout le monde avait l’air de bonne humeur, malgré la défaite.  C’était vraiment beau à voir.  Avoir eu du gotsse, j’aurais pris une photo tellement c’était beau.  Mais dans ce temps-là, moi, je file plutôt low profile…  Alors, pas de photo à vous montrer, mais une image impérissable dans ma tête.


29.  « vinneteu noveu »     
Vendredi 24.  Porto  – Contexte:  quand j’avais 14 et 15 ans (autant dire du temps que la mer morte n’était pas encore malade), j’avais une correspondante au Portugal, à Porto: Isabel.  Quand j’ai su que je passerais quelques jours audit Portugal cet été, je suis retournée fouiller dans mes vieilles boîtes chez mon père pour trouver les lettres d’Isabel.  Parce que oui, je les avais gardées.  Je suis capable de jeter bien des choses, mais des lettres, je n’y arrive pas.  L’écriture, pour moi, c’est un des plus beaux contacts entre les êtres humains (ah oui?), alors vous pouvez très bien comprendre pourquoi je ne peux pas jeter les lettres que je reçois.  J’avais donc écrit à Isabel, en janvier, à l’adresse de ses parents. Et elle m’avait répondu!!!  Alors, c’est ce soir, 29 ans après notre dernière lettre, qu’on s’est vues pour la première fois!!! 
Ça aurait pu être un souper un peu étrange: qu’est-ce qu’on aurait à se dire?  Mais Isabel est devenue responsable d’expositions au Musée d’art contemporain de Porto… après avoir été ingénieure en informatique!  Je pouvais donc espérer qu’on aurait quelque chose à se dire.  Et ce fut le cas.  On a jasé Portugal, Québec, enseignement, voyages, culture, amitié, famille…  comme deux amies outre-Atlantique qui ne se seraient jamais vraiment lâchées parce qu’on était plutôt à l’aise, l’une avec l’autre.  Ça a l’air que ses amies trouvaient ça bien drôle qu’on se revoie, après toutes ces années.  Moi aussi, je trouvais ça drôle… mais j’étais contente d’avoir fait la démarche, en janvier.  Et contente de l’avoir appelée en arrivant ici.  D’autant plus contente que c’est quelque chose que je n’aurais peut-être pas fait, il y a quelques années, parce que je suis une fille timide, au fond, et que j’ai toujours peur de déranger les gens.  Mais vous le savez: l’épisode d’embolie pulmonaire (et tout ce qui a suivi) m’a rendue encore plus sensible aux gens autour de moi.  Et j’ai envie de profiter des êtres humains qui m’entourent.  C’est comme ça.


44. « koueu renne teu i kouatrou »
Mercredi 22.  Porto  – Ah ben bâtard!!!  Vous ne me croirez pas:  il mouille, à matin!!!!!!!!!!!!!!!!!  Ça fait 39 jours que je n’ai pas vu une seule goutte de pluie, pis là, jour de ma fête, c’est le déluge!!!!!  C’est qui, le vlimeux, qui m’en veut???  Pis c’est pas des blagues: Noé va vraiment devoir reprendre du service!
J’ai quitté Braga, avec Lizanne, ce matin.  Direction: Guimarães.  Les guides de voyage disent que c’est la ville de la fondation du Portugal.  Je veux bien aller voir ça, moi, la fondation du Portugal.  C’était chouette.  Même sous la pluie.  Ah oui: j’ai été obligée de m’acheter un parapluie.  Parce que, évidemment, je n’en avais pas apporté: je m’en venais en Andalousie et au Portugal… 
Après… excursion le long du fleuve Douro.  On veut aller voir une Quinta, une exploitation vinicole qui fait du porto.  Faque on en trouve une (y’en a plein, c’est vraiment pas le choix qui manque).  Pis on la visite, sous la pluie.  Pis on achète du porto.  Drette là, sur place.  Plus genuine que ça, on se serait mis les pieds dedans nuzautres même.  Parce que oui, ils foulent encore le raisin avec les pieds, huit heures par jour, rentrés dedans jusqu’aux genoux…  Sont fous, ces Portugais.  D’après vous, les orteils, quand ça fait huit heures qu’elles sont dans le raisin, sont-tu ratatinées?
On part pour Porto, où on doit coucher (notre hôtel est réservé depuis le mois d’avril, à peu près!).  Je vous jure: c’est le déluge.  Il pleut, il pleut, il pleut.  Il vente.  Noé?  T’es où, Noé?  Oulala…
Qu’est-ce qu’il a dit, déjà, Piton Ruel?  Oui, c’est ça: «Y’en aura pas de facile».  Répétez après moi: « Y’en aura pas de facile… »  Heureusement, j’ai le sens de l’humour et Lizanne aussi…  Rentrer dans Porto en voiture ne fut pas une mince affaire.  Ça a juste confirmé que les indications routières, au Portugal, c’est n’importe quoi.  Vous le savez: je ne fais généralement pas un pouce de trop pour trouver mes hôtels.  Malgré l’absence de GPS: j’ai oublié de vous dire que mon GPS ne fonctionne pas ici: je n’ai pas acheté l’accès aux cartes satellites d’Europe… au coût de 200$!  C’est Sourya qui a tout regardé ça pour moi, quand il était chez nous, à Cádiz.  Et si mon Chinois-Italien-maniaque-d’informatique me dit ça, je suis comme portée à le croire, mettons.  Bon.  Côté indications, donc, on annonce «centro» sur l’autoroute.  On sort.  Pis là, aussitôt sorti, on n’annonce plus rien.  Youhou?  Je conduis, Lizanne se démerde avec la carte: «Tourne à droite».  Peux pas.  Sens unique.  «Ben tourne à gauche, d’abord.  On tournera à droite tantôt…»  «Là, on devrait être sur la rue…»  Ben, le temps qu’elle lise la carte, c’est trop tard.  «Là, Lizanne, on est sur…  ah j’ai pas eu le temps de lire la pancarte.»  Ça, c’est quand pancarte il y a.  Parce que souvent, pancarte il n’y a pas.  Mais parce que nous sommes des filles vives et débrouillardes, nous sommes arrivées devant notre hôtel.  Pratiquement mortes.  On entre.  C’est joli: ça fait quelques années à peine que la chose est construite, à un jet de pierre du centre de la ville. Là, la fille à l’accueil (qui parle un français pas pire pantoute) nous explique qu’il y a eu un bogue avec le système informatique! (Maudits systèmes informatiques, ça bogue tout le temps, ça!!!).  Pis que là, l’hôtel est complet.  Mais que comme on avait réservé depuis longtemps, ils nous envoient dans un hôtel-cinquétoiles: ils payent le taxi, la chambre au cinquétoiles, le déjeuner et le retour en taxi demain matin.  Lizanne et moi, on se regarde et on rit.  «C’est correct.»  Rentre l’auto dans le garage ici, sort les valises.  Le taxi arrive.  Le chauffeur ressemble à monsieur Magoo.   C’est parce qu’on a ri à peu près pendant tout le trajet.  Un espèce de malade!!!  Tout le long du trajet, il a chanté, marmonné, parlé à une vitesse affolante à un ami imaginaire assis sur le banc du passager, conduit à une vitesse affolante, klaxonné après tous les autres taxis qu’on a croisés…  On ne savait même pas s’il nous parlait, s’il chantait ou s’il parlait à son ami imaginaire.  Un moment donné, on a pensé qu’il nous demandait le nom de l’hôtel où on allait (c’est qu’on ne l’avait pas retenu, mettons…).  Lizanne dit: «Si, si».  Ben là, il s’est mis à chanter une chanson dont les paroles étaient «si, si».  Je vous jure: un bonhomme de même, ça s’invente pas.  On a fini par arriver, saines et sauves, mais avec des crampes dans le ventre…
On prend possession de nos chambres cinquétoiles.  Je suis au 12e.  Je suppose que ça doit être beau, mais on voit rien: c’est complètement bouché.
On voulait sortir pour souper, mais à cause de la pluie et de notre écœurement collectif, on va souper au resto de l’hôtel cinquétoiles.  Mettons que j’ai pété mon budget accordé par le ministère de la Chasse, de la Pêche et de l’Éducation, juste avec l’entrée.  Mais c’était ma fête, ça se justifie.  (Depuis quand est-ce que je justifie mes sorties au resto, moi???)  Amuse-gueule et mousseux portugais.  Entrée de foie gras, sauce au porto (tiens donc) et mousse de pommes.  Agneau en croûte de sel.  Arrosé d’un vin rouge du Douro (on était toujours ben pas pour boire un vin australien en pleine région du Douro…).  Dessert: mou au chocolat (comme Fanny est capable d’en faire!) avec fraises marinées dans l’alcool (comme Jean et moi, on faisait à Bruxelles) et crème glacée à la vanille (pis c’était pas de la IGA…).  Pis là, question de nous achever, surprise:  morceau de gâteau au fromage et verre de porto, offerts par la maison.  Le gars à la réception, parce qu’il avait vu ma date de naissance sur mon passeport, a dit au responsable du resto que c’était ma fête.  Parce qu’il y avait une chandelle sur le morceau de gâteau au fromage.  Je peux-tu vous dire que: 1-je ne marchais pas tout à fait en ligne droite pour me rendre à l’ascenseur; 2-je ne me serais jamais rendue au 12e s’il n’y avait pas eu d’ascenseur; 3-je suis tombée raide morte endormie dès que j’ai posé ma tête sur l’oreiller; 4-je me suis réveillée à 5h du matin, en sueurs, en train de cuver mon vin et digérer toutes les affaires solides et liquides que j’avais ingurgitées; 6-je ne vous ai pas fait honte, ne craignez rien; 7-j’ai pris la résolution de ne pas boire, en ce lendemain de mes 44 ans…


150.  « seuny sikuennteu »
Jeudi 16.  Figueira da Foz.  – Je vous dis pas ce que ça m’a couté, moi, d’avoir une deuxième valise à charrier.  Pour les vols transatlantiques (genre Lisbonne à Newark), pas de problème pour deux valises.  Mais pour les vols intérieurs (genre Séville à Lisbonne – je sais, c’est pas le même pays, mais c’est pas ben loin l’un de l’autre, c’est intra-ibérique en tout cas…), ça coute une petite fortune… même si j’explique, doctement, que si j’ai deux valises, c’est parce que j’ai un vol transatlantique après…  Rien à faire, sauf de payer.  Cher.  J’assume.  C’est la vie, que je me dis.  En Euros, c’était déjà cher.  100.  En dollars canayens, ça fait une fois et demi…
J’ai pris possession de mon char loué à l’aéroport Portela de Lisbonne.  Pour l’exotisme, on repassera: une Ford Fiesta.  Ouan.  Au moins, elle est au diésel.  Pis vous dire si j’ai été bonne pour me dépêtrer pour sortir de l’aéroport et des dédales de routes qui tournent autour, c’en était jouissant.  Je vous le répète: je me trouve bonne!!!  (ça s’est visiblement gâté…)  J’ai roulé d’un bon pas (problème de cohérence ici) et je suis arrivée à Figueira da Foz, à 1h30 au nord de Lisbonne.  J’ai à peine gossé pour trouver mon hôtel, un IBIS.  Qui a déjà voyagé en Europe (surtout en France) sait qu’un IBIS, c’est un IBIS.  On sait à quoi s’attendre et c’est ça qu’on a.  Pas de surprise.  Sauf pour ce qui était du petit Poussin à l’accueil.  Tellement fin…  Je l’aurais adopté.  Juste adopté.  Parce qu’il était 1-trop jeune et 2-pas dans mon équipe.
Premier souper portugais.  Je me ramasse en face du casino (non, je ne suis pas allée dépenser mon argent… j’avais assez bien fait ça en partant de Séville!), dans un resto rempli de… Portugais.  Ça, je trouve toujours ça rassurant.  J’ai eu, en entrée, une sardine marinée qui aurait fait hurler Sourya de bonheur.  J’ai même pas pu résister à tremper mon pain dans la vinaigrette qui mouillait le fond de l’assiette, tellement c’était orgasmique.  Pis après, une brochette porc et crevettes.  Attendez de voir la photo!!!  Tout ça arrosé d’un demi-litre de vin portugais rouge qui a fait que j’ai pas trop marché droit pour revenir à mon hôtel.  Heureusement, c’était à trois pas.  Je trouve que le Portugal, ça commence bien.  Et entre vous et moi, les Portugais (du moins ceux que j’ai vus jusqu’à maintenant) sont plus beaux que les Espagnols.  Ça ne gâte rien…  J’ai donc terriblement bien dormi, surtout que je regagnais une heure.  Parce que oui, mes Trésors, je suis maintenant une heure plus près de votre cœur…  Il n’y a que 5 heures de décalage entre le Québec et le Portugal et non plus 6, comme le reste de l’Europe.  C’est chouette de vous sentir plus près…


300.  « Trézennetouche »
Dimanche 19.  Braga. – C’est ce que j’avais dit: c’est le jour du Seigneur.  Il fait beau soleil (genre 30).  Les pèlerins et les familles sont nombreuses sur la montagne de Bom Jesus, surtout qu’il y a un parc – la forêt – qui entoure l’église, avec des tables à piquenique.  Alors, je décide de descendre.  Je vais aller visiter Braga pendant que le Tout-Braga est sur la montagne.  Y’ont ben faite.  Y’a rien à voir le dimanche à Braga.  Tout est fermé.  J’aguis le dimanche.
Je reviens sur la montagne en fin d’après-midi et je croise des Québécois que je connais: Isabelle, prof d’université à Sherbrooke, et Annabelle, une de ses étudiantes à la maitrise à qui j’ai déjà enseigné à l’UQAM.  On jase un peu et on décide de s’organiser pour aller à l’université pour l’inscription au colloque.  Vous dire si c’était plate…  Ça se faisait en portugais (je veux bien, on est dans un colloque européen qui se déroule au Portugal) avec interprète en anglais dans l’oreillette.  C’est juste que l’interprète, c’était une Russe avec un accent terrifiant (oui, oui: une Russe qui traduit du portugais à l’anglais.  C’est ça, la mondialisation, mes amis).  La salle où s’entassaient plus de 300 personnes était surchauffée… alors, j’ai décidé de sacrer mon camp.  M’ont suivie: Isabelle et Annabelle, ainsi qu’André, Julie et Brigitte, que je ne connaissais pas mais que j’ai connus.  Brigitte et moi, on a décidé de revenir sur notre montagne pendant que les autres sont allés faire acte de présence au cocktail dinatoire…  Ça commence bien: dès la première soirée, je fais colloque buissonnière.  Et sans l’ombre d’une culpabilité.  C’est ça, les colloques internationaux.  Ça dure deux ou trois jours, mais on y va juste la journée de notre présentation.  Pis tout le monde fait ça.  Je suis pas plusse mal élevée que les autres.


75 000 « seussenneteu y kizeu mil »
Vendredi 24. – Porto.  J’ai fait un titour guidé d’autobus à deux étages où l’étage du dessus est ouvert pour permettre aux touristes de contempler la ville.  Richard et moi, on avait fait ça à Barcelone, l’année passée.  Faisait un peu frette pour être en camisole en haut (mettons qu’il faisait 22, mais des fois y’avait du soleil et des fois pas), mais comme je suis une fille du grand nord, je suis restée là.  Je suis faite forte, moi.  J’ai vu des ben beaux coins de Porto.  Pis j’ai débarqué de l’autobus à Gaia, l’autre bord de Porto (Porto est d’un bord du Douro et Gaia, de l’autre bord).  À Gaia, j’ai visité une cave de porto (ben quin, c’est comme ça), celle de Fereira.  Vous dire que ça sentait l’alcool là-dedans, eh misère…  Les cheveux commençaient à me friser!  Dans un tonneau, il y a en moyenne de quoi faire 75 000 bouteilles de porto.  Pis des tonneaux, y’en a des centaines…  C’est profondément hallucinant.
De Gaia, on a une vue sur Porto qui arrache la gueule.  C’est tellement beau!!!  Je pense que j’ai eu un ticoup de cœur.  Pas aussi gros que celui à Gibraltar, mais pas loin.  La ville est toute en pentes, alors on voit plein d’affaires (genre les 800 églises de la place) quand on est de l’autre côté.  Je serais restée là tout l’après-midi et j’ai dû prendre à peu près 800 photos.  J’ai d’ailleurs failli passer l’après-midi là, parce que l’autobus touristique qui devait me ramasser (il passait aux 30 minutes) n’est jamais arrivé.  L’autobus de la ligne rouge est passé, mais point il y eut celui de la ligne bleue.  Faque j’ai décidé de marcher jusqu’à Porto.  J’ai traversé à pied le splendide pont Luis I sur l’étage du bas, un de nombreux ponts qui relie Porto à  l’autre bord.  Pis j’ai pris un funiculaire (décidément, ça commence à en être une habitude!) pour monter sur la partie haute de la ville.  Pis là, j’ai marché, marché, marché.  Je me suis ramassée à la FNAC  (oh non!!!!!!!!) pis j’ai acheté des disques.  Je veux pas de musique portugaise, je vais être trop mêlée.  Faque j’en ai juste acheté 4.  Pis j’ai marché, marché, marché.  Et j’ai regardé ma carte de la ville à peu près à tous les coins de rues.  Parce que les cartes, ben, sont pas très bien faites.  Pis la droiture des rues non plus, remarquez.  J’ai l’habitude des rues européennes, mais là, c’est dans le sérieux.  Je manque de me perdre à peu près aux deux coins de rues.  Sur la carte, ça donne l’impression que ça va en ligne droite, mais la réalité n’est pas vraiment en ligne droite.  Ça vire un petit peu, comme qu’on dirait.  Alors, régulièrement, je me ramasse sur la rue d’à côté, moi qui possède le sens de l’orientation le plus sûr de l’univers.  Et il faut que je vienne me changer à l’hôtel parce que je sors souper, ce soir…

Aucun commentaire:

Publier un commentaire