Je vais faire ça
court, pour les ceuzes qui sont tannés de lire…
1- J’ai vu Figueira
da Foz. C’était ben beau.
2- J’ai vu
Coimbra. C’était ben beau.
3- J’ai vu
Viseu. C’était ben beau.
4- J’ai vu
Braga. C’était ben beau.
5- J’ai jasé à
Braga. Ça s’est bien passé.
6- J’ai vu
Porto. C’était ben beau.
7- J’ai bu du
Porto. C’était ben bon.
8- J’ai vu
Lisbonne. C’était ben beau.
Pis pour les autres, voici un peu de détails, chiffres
portugais à l’appui (et avec la prononciation!)…
2. « Doïche »
Mardi 28. Lisbonne – J’ai failli mourir deux fois. Une vraie
et une symbolique.
Je suis allée
visiter Sintra, à une trentaine de kilomètres de Lisbonne. C’est sur une montagne. Je commence à avoir ma claque des montagnes,
moi (l’été prochain, c’est les prairies
canayennes…). Y’a un autobus qui part de
la gare de Sintra (là où j’ai débarqué) et qui fait la ronne touristique:
arrêt dans la partie historique de la ville, le château mauresque et le château
de Pena. Si la ville est un peu plus en
bas, les deux châteaux sont tout en haut.
Moi, je suis au château mauresque et, avec d’autres, j’attends le
passage de l’autobus pour me ramener en bas.
Y’a une madame qui arrive et qui nous dit, en espagnol, que y’a des
zinnocents qui se sont stationnés où ils avaient visiblement pas d’affaires, ce
qui fait que les autobus ne passent plus et que la grue a été demandée pour
déplacer l’auto (se avisa grua,
tiens, même si je sais toujours qui avise qui…)
Y’a des madames à côté de moi qui n’ont rien compris, alors j’ai
traduit, de l’espagnol à l’anglais…
L’autobus a fini par arriver, mais avec une bonne trentaine de minutes
de retard. Alors, le chauffeur a voulu
rattraper son retard en descendant.
Petite route étrette qui tourne et qui tourne et qui tourne… Y’a un
Français, pas loin en arrière de moi, qui disait: «Je vois ça
en première page, demain: 16 Français tués dans un accident
d’autocar au Portugal». Je le
trouvais pas vraiment rassurant, pis la madame Italienne, à côté de moi, devait
pas comprendre ce que le Français disait, mais elle était pas plus rassurée que
moi. Pis il l’a répétée au moins 5 ou 6
fois, sa joke. Y’aurait pu laisser
faire… J’ai encore pensé à mon
testament…
De retour à
Lisbonne, il y avait une exposition à coté de la gare que je voulais voir, quand
c’était à Montréal: le Titanic.
C’était une belle expo. En
arrivant, on nous donne une carte d’embarquement, avec le nom d’un
passager. J’étais Elizabeth Gladys Dean,
passagère de 3e classe. Pis
quand on arrive à la fin de l’exposition, on a la liste de tous les passagers,
ceux qui ont survécu (il y en a plus en 1re classe qu’en 3e…)
et ceux qui sont morts (surtout en 3e et dans le personnel du
bateau). Ben… contre toute attente, j’ai
survécu au naufrage du Titanic!
3. « Trèche »
Samedi 25. –Encore Porto. Mais ça achève. Je suis rentrée de mon
excursion de la journée les jambes rentrées dans le tronc jusqu’en dessous des
bras, tellement j’ai marché. Pis c’est
que Porto, c’est tout en pentes. Pour
les voitures, les chauffeurs se mettent sur le break à bras à tout bout de
champ quand ils attendent à un feu rouge… pis y’a toutes sortes de petits
tunnels; des fois, ils font à peine 100 mètres de long. C’est très étrange. Mais pour les piétons, ben, faut marcher.
Hier, dans ma ride
d’autobus-à-touristes, j’ai vu une annonce pour un… El Corte Inglés!!! Oui
mes amis!!! Il y a un El Corte Inglés à Porto!!! Est-ce que j’allais laisser passer ma
chance? Point du tout. D’autant plus qu’il est très récent… Faque je marche, je marche jusqu’à la station
de métro la plus près de l’hôtel (ça se révèle quand même assez loin). Je prends le métro, parce que le El Corte Inglés, il est à Gaia, au bout
de la ligne jaune, la D. Pis le métro, il ressemble
à un tramway (il roule sur des rails), il est tout neuf et… il est un
Bombardier. Une petite fierté
québécoise, tiens. Je descends du métro,
sortie João de Deus (traduction: Jean de Dieu). Et là, qu’est-ce que je vois? Le plus beau El Corte Inglés de la
Création!!! Il
fait 8 étages, tout en vitres. Eh que
j’ai hâte d’aller voir… Pis je me trouve
ben gnaiseuse. J’ai besoin de rien. Bon.
Pour la forme, je suis allée voir les souliers. Mais j’ai rien acheté. J’ai regardé le linge, j’ai rien acheté. J’ai regardé les bijoux, j’ai rien acheté. Pis c’était pas toutes les mêmes souliers pis
le même linge qu’en Espagne... parce que le Portugal, c’est un autre verrat de
pays ousqu’y font des souyers!!!
Même si c’est le même magasin.
J’ai quand même succombé pour 3
disques dont deux d’un Brésilien que j’ai vu à la tivi espagnole la
veille de mon départ de Cádiz.
Pis là, j’ai marché
le long de la ligne du tramway… parce que je voulais traverser le pont
Luis I à pied, sur la travée du haut.
Ben oui, quin. J’ai pas le
vertige, moi, d’abord? En haut, il
y a juste le tramway et les piétons qui passent là. Mais vous dire la vue qu’on a de Gaia et de
Porto, d’en haut, c’est à couper le souffle!!! C’est tellement beau… On voit très bien l’étendue de toutes les
compagnies de porto (genre Graham’s, Offley, Ferreira, Calem, Sandeman et une
bonne dizaine d’autres). Il y a là,
d’entreposés, des millions et des millions de litres de porto, c’est sûr. Moi,
je vote pour l’intraveineuse en permanence!
Je suis revenue à
l’hôtel vers 21h, encore une fois les jambes rentrées dans le tronc. Pis j’ai ouvert la tivi. Comme y’a rien en français, ben j’écoute en
espagnol. L’anglais, ça me tente pas. Pis je suis tombée sur un reportage sur la
fête de la St-Firmin,
à Pampelune. Le lâcher des taureaux,
finalement, y’a rien là. C’est à tous
les jours pendant une semaine, mais ça dure quelques minutes (les 800 mètres à courir,
finalement, jusqu’aux arènes de la ville).
Non, le pire là-dedans, c’est l’ivrognerie. Les gens vont là (les jeunes surtout, mais la
jeunesse, ça peut aller loin dans l’âge, quand les gars – surtout – sont en
gang!) pour se saouler, pour déconner, pour crier fort et ne pas trop se
rappeler ce qu’ils font… Les policiers
et ambulanciers interviewés racontaient à quel point cette semaine est
éprouvante pour eux: il y a toujours des morts à cause de l’alcool. Les gens s’endorment n’importe où,
complètement saouls et les ambulanciers (comme les policiers) doivent les
regarder un par un, pour être sûrs qu’ils ne sont pas déjà morts ou en état de
coma éthylique. C’était dégueulasse (je
vous épargne le vomi, le sang des batailles et autres fluides corporels
répandus dans la ville), mais je pense que c’est surtout pathétique. Ça me faisait un peu penser à ce que Henning,
mon amant allemand mais surtout policier en civil, racontait sur l’Oktoberfest,
à Munich.
4. « kouatrou »
Vendredi 17. Braga
– Quelle langue
je parle, moi? Réponse: Aucune idée.
Vous dire si je suis mélangée, ça n’a aucune espèce d’allure. D’abord, comme je ne comprends pas un traitre
mot de portugais (et que je ne veux pas comprendre), je suis guirée langue
seconde dans ma tête. Et qui dit langue
seconde, dit espagnol. Alors, quand ils
me parlent en portugais, j’ai juste envie de répondre en espagnol, pas en
anglais. Je sais que la plupart le comprennent fort bien, mais qu’ils ne
veulent pas trop qu’on leur parle en espagnol… mais mon espagnol est totalement
déficient (et se déficientise au fur et à mesure que le temps passe et que je
ne le parle plus). Alors, je vire en anglais, mais dans un anglais aussi
déficient que mon espagnol, parce que les mots ne me viennent plus… Juste pour vous donner une idée: samedi matin, je quitte l’hôtel IBIS en
direction de Braga. Avant de partir, je
veux faire faire des photocopies pour ma présentation au colloque. Alors, je demande à la fille, à
l’hôtel: «Is there a tienda
cerca de aqui donde I could make fotocopias?» Plus mêlée que ça, ça s’invente pas. Pis là, je suis partie à rire et j’ai essayé
de reformuler ça juste en anglais…
Je vais essayer de
prendre l’habitude de demander aux gens, d’abord (après avoir dit «bom
dia»), s’ils parlent français.
Sont pas pire pour ça, les Portugais.
En tout cas, la madame à la tienda
des fotocopias, quand elle a vu que
je voulais photocopier des documents écrits en français, elle s’est mise à me
parler en français. Pis je pense qu’elle
était contente. Pis la même affaire est
arrivée, quand j’ai (finalement…) mis les pieds à l’hôtel da Lago de
Braga. Le type à l’accueil a vu que j’avais
des documents en français et il m’a demandé s’il pouvait me parler en
français: «Je n’ai pas la chance de pratiquer souvent». Pas de problème… Pis mon côté prof a refait
surface dans le temps de le dire… Donc, quatre langues : le
français, l’anglais, l’espagnol et la langue dans le vinaigre.
5. « sinnekou »
Lundi 27. Lisbonne
– C’est aujourd’hui que je prends possession de
ma dernière chambre d’hôtel de ce long séjour.
C’est rien de moins qu’un cinq
étoiles, à Lisbonne. Le petit
Poussin, qui est à l’accueil, est beau comme tout (25 ans, et probablement dans
mon équipe) et a un accent absolument charmant, surtout quand il m’a dit, à ma
question s’il parlait français: «Un peu. Si vous me parlez avec douceur, je comprends
meilleur.» Oulala!... Pas de problème, Poussin, je vais te parler
avec toute la douceur nécessaire… Dans la porte de la chambre, ça dit que ça
coute 799 euros la nuit pour crécher ici!
Inquiétez-vous pas, c’est pas ça que je paye… Ça s’appelle le Eurostar Das Letras. Partout, dans l’hôtel, il y a des noms
d’auteurs, des extraits de poème ou de roman.
J’ai d’ailleurs un extrait de «The Love Song of J. Alfred
Prufrock» de Thomas S. Eliot au-dessus de mon lit. Et les draps sont d’une douceur absolue,
encore mieux que dans mon escapade au Sheraton de Vancouver, Dan s’en
rappellera, d’heureuse mémoire… Je sens
que je vais bien dormir…
Découverte de
Lisbonne, aujourd’hui. Autre coup de
cœur. C’est tellement beau… J’ai arpenté la colline de l’Alfama, en plein
cœur de la ville. Ça prend des bons
mollets et je sais que Pascale n’aimerait pas ça en redescendre: faut
être sur les breaks tout le long et les petits pavés beiges, ben, ça glisse.
Ce soir, souper au
resto de l’hôtel. J’ai encore une fois
les jambes rentrées dans le tronc, je commence à ressembler à Kenny. Faque ça me tente pas de ressortir… J’ai mangé une pizza tout à fait convenable…
et, parce que je m’ennuie, j’ai dit oui au serveur quand il m’a proposé un
brownie pour dessert! Il était bon
en tipépère, même s’il ne valait pas celui de St-Hubert! Côté prix, par exemple, il le dépassait
largement… La pizza a couté 13 euros et
le brownie… 8,5. Me sembre que c’est
exagéré un peu, non? Même si
y’était ben bon!
7. « sèteu »
Samedi 18. Braga – Pis c’est pas
parce que je parle pas la langue que je ne succombe pas… Je suis passée (un détour de 150 km) par Viseu, entre
Figueira da Foz et Braga. C’était
vraiment joli… et, à mon grand désarroi,
c’est aussi les ventes au Portugal. Les
«saldos» dans la langue du pays.
Alors… ben… c’est ça. J’ai encore
succombé. À 19,95 euros, c’est vraiment
pas exagéré! On est au 2e
doigt de la 2e main. Ça fait 7, ça.
Début de
soirée. Je suis arrivée sur ma
montagne. Tu parles. Quand j’ai réservé mon hôtel pour le
colloque, en février ou à peu près, j’ai aucune idée à quoi ressemble
Braga. Le colloque fait affaire avec une
agence de voyages qui s’occupe de réserver les hôtels et d’inscrire le monde au
colloque. Je me dis que c’est plus
simple. Alors, je fais affaire avec
ladite agence, comme la plupart de mes congénères québécois (on doit être une
vingtaine!). Le colloque a lieu à
l’Université Minho de Braga (Minho étant le nom de la «province» du
nord du Portugal où on se trouve). Et
les 4 hôtels les plus proches (à vol d’oiseau) sont situés sur la montagne, en
face. Sauf que, sur la montagne… il y a
une église. Une espèce de sanctuaire,
genre l’oratoire St-Joseph, avec un escalier à monter à genoux... Mais en pleine forêt. D’abord, je me suis perdue solide dans Braga
en cherchant ledit hôtel. Parce que je
suis allée vers le centre-ville, tiens.
Vous auriez fait quoi, à ma place?
Normalement, un colloque, ça s’organise dans le monde, pas en pleine
forêt. Alors, devant le peu d’hôtels qui
portaient le nom que je cherchais, je me suis fiée un peu plus au peu que je
voyais sur ma carte. Pis là, j’ai vu une
indication. Ça montait en serpentin dans
la forêt. Et ça indiquait encore et
toujours la Cathédrale Bom
Jesus. C’est parce que je viens à un
colloque de l’Association européenne sur la lecture, je viens pas faire un
pèlerinage! J’arrête devant
l’hôtel Elevador (parce qu’il est à côté d’un petit train à crémaillère qui
part du milieu de la montagne et qui monte à côté de ladite cathédrale) et je
me dis que je vais aller demander mon chemin.
Je montre le courriel reçu de l’agence de voyages à la fille à
l’accueil: «Excusez, je cherche l’hosteis Bom Jesus, mais je pense
que je suis perdue…»
«Non! non!
C’est ici. C’est quoi votre
nom? » Ben, cibole, elle a
trouvé mon nom sur la liste des clients de l’hôtel da Lago, un des quatre
hôtels où vont les touristes qui viennent justement faire un pèlerinage. De quossé? C’est ici??? J’ai failli perdre sans connaissance. J’ai fini par comprendre qu’à vol d’oiseau,
c’est ce qu’il y a de plus près de l’université. C’est juste que c’est super mal foutu. D’abord, il y a une seule ligne d’autobus qui
passe en bas du petit train à crémaillère, à toutes les demi-heure. L’autobus peut nous amener pas trop loin de
l’université et au centre-ville, ça va.
Mais la quantité de touristes qu’il y a ici, c’est profondément
hallucinant. Et comme on est au sommet
de la montagne, c’est un peu un cul-de-sac.
Y’a pas d’autres moyens que de redescendre sur ses pas, si on veut s’en
sortir. Et à cause de la vocation de la
montagne, y’a plein d’autobus qui déversent leur flot de touristes-pèlerins qui
viennent visiter la cathédrale. La route
menant au haut de la montagne étant en serpentin, ben les autobus prennent les
deux voies de large pour virer… C’est
insupportable de lenteur de descendre de ladite montagne. Pas hâte de voir ça demain, en plein jour du
Seigneur, moi là… Ça a beau être plus
près, à vol d’oiseau, c’est absolument pas pratique. Mais là, pas pantoute. Même si le centre-ville était un peu plus
loin de l’université, ça aurait été bien mieux…
Un petit cours de
portugais 101: la montagne – et la
cathédrale –, ça s’écrit «Bom Jesus» et ça se prononce «Bon
Jézouche». Sachez-le.
9. Noveu
Lundi 20. Braga – En soirée, on est allé souper, Lizanne, Julie, Phillip, Brigitte,
Marian, Jean-Guy, Martine, André et moi.
On voulait aller manger du cochon portugais, mais comme on n’avait pas
commandé d’avance ledit cochon, on a été obligé de se rabattre sur la
morue. Mais c’était super bon. On a tellement ri… Ça doit être à cause du vin portugais. On était dans un resto familial avec des
locaux et où il y avait un party de fête auquel on a participé: on a
chanté «Mon cher ami» au vieux monsieur, dont c’était
l’anniversaire. En échange, on a eu
droit à une bouteille de champagnette portugais et à une bonne part du
gâteau! Et en prime, on s’est pris
en photo avec le propriétaire du restaurant, Fernando qu’il s’appelait, et sa
photo (qui devait dater d’une bonne vingtaine d’années) qui trônait au milieu
du mur. Mais vous dire s’il était
content d’être pris en photo avec un paquet de femmes venues d’ailleurs… il
était au bord de l’orgasme, c’est sûr !
17. « deuzeusèteu »
Mercredi 29.
Lisbonne – Rencontre hors du commun.
Quelque part au
début de mon séjour cadixien, j’ai reçu un courriel d’une fille au Portugal qui
voulait échanger son appartement avec le mien pour le mois de septembre. Je lui réponds (parce que je sais vivre) que
je ne peux pas, je suis prof et j’aurai repris le travail. Elle est contente que je lui réponde et me
dit que si jamais j’ai besoin de quelque chose à Lisbonne, que je pourrai
toujours compter sur elle. «Ben
justement… parlant de Lisbonne…»
Alors, on s’est échangé un paquet de courriels et on s’est rencontrés en
fin de journée aujourd’hui.
Maria Joao a 29 ans
et son chum, Bruno, 28. Sont tellement
cutes, ça se dit pas. Ils
ont «gagné» une bourse pour venir faire leur doctorat en
chimie (eurk…) à Montréal, à l’INRS (à Varennes, en fait). Ils voulaient faire un échange de maison pour
septembre, pour se donner le temps d’arriver à Montréal et de se trouver de
quoi habiter pour un an (j’ai trouvé l’idée brillante). Alors, d’avoir une Montréalaise à qui ils
pouvaient poser toutes leurs questions avant de partir les ont beaucoup
rassurés. Je me revoyais, il y a 17 ans, au moment où je
suis partie pour étudier à Lille.
J’avais eu Hélène, une amie d’une amie d’une collègue de mon père, qui
m’avait «sauvée» en m’hébergeant chez elle (sans me
connaître!) pendant trois semaines, le temps que je trouve un appartement
et qui m’avait expliqué tous les tenants et aboutissants de la vie lilloise et
française. Là, je suis contente de
pouvoir rendre la pareille à quelqu’un d’autre…
Ils ne viendront pas habiter chez moi, compte tenu qu’ils ont déjà une
maison pour septembre, mais j’étais contente de pouvoir les rassurer. Je sais à quel point c’est important. Bon, je les ai aussi un peu fait frémir en
leur parlant de l’hiver, mais je leur ai dit que ça prenait 4 choses pour
survivre à l’hiver: des bonnes bottes, un bon manteau, de la bouffe
d’hiver et du petit Caribou…
19. « deuzeunoveu »
Vendredi 17.
Figueira da Foz – Je pars arpenter la province portugaise. Direction: Coimbra. Cibole que c’est beau. Petite ville universitaire sur un
promontoire, petites rues escarpées, jardin botanique dans lequel je me suis
perdue (c’est pas de ma faute: à peu près toutes les grilles étaient
fermées et il me fallait toujours revenir sur mes pas…), ascenseur et petit
train à crémaillère qui m’amènent en haut, sandwich mangé sur un banc de
parc… Tout pour que ce soit
romantique. Sauf que je suis toute
seule. Mais je suis tout à fait capable
d’être romantique toute seule.
Souper… Je vais vraiment pouvoir écrire un film,
moi!!! Après le diner au bocadillo de jamón à Córdoba, voici le souper au poisson
(aucune idée c’était quoi) à Figueira da Foz.
De l’extérieur, ça ne paye pas de mine.
Ça va. Je rentre. La madame à l’accueil me demande si je suis
seule. Ben oui, madame. Alors, elle m’envoie au comptoir. Là, je fais visuellement le tour de mes
comparses de comptoir. Il y a 19 places: trois sont
libres et les 15 autres… ben, c’est des hommes.
Des vrais. Pis pas des tites affaires
de 25 ans. Non, de l’homme. Genre 50 ans.
Des Portugais locaux poilus comme des ours. Ça parait dans leur face, sur leurs bras et
sur leur peu-de-torse qu’on voit la chemise déboutonnée. Pis même si c’est un resto relativement
correct (ça pourrait ressembler au Vieux Duluth, pour l’ambiance et la déco,
mais pas mal plus tassé), il y a une télé où l’équipe de foot du Portugal est
en train de se faire planter par celle du Brésil. Oulala, la méchante affaire. Faque mes comparses de comptoir se gavent de
vin rouge (tout le monde paye pour quelqu’un d’autre assis à côté, un moment
donné, même s’ils ont pas tous l’air de se connaitre) et de sardines
frites. La serveuse remplit les verres
(des petits ballons) plein à ras-bord de vin rouge un peu trop chaud et elle
ajoute un peu de vin ben frette qu’elle sort du fridge, pour rendre ça
buvable. Je vous jure! J’y ai gouté…
J’ai mangé une soupe aux poissons comme entrée. Un pur délice. Et pendant ce temps, mes Portugais
s’agitaient sur leur banc, invectivaient la télé (comme si elle pouvait y faire
quelque chose), buvaient du vin et mangeaient des sardines. Moi, j’étais tranquillement assise au bout du
comptoir (y’avait 8 places d’un côté et 8 de l’autre, avec 3 places au bout,
dont une que j’occupais) et je les regardais, mais pas trop; j’avais ben
que trop peur qu’ils me parlent!
J’aurais dit quoi? Je
comprenais rien à rien. J’était aussi à
l’aise que E.T. dans un bol de céréales.
Après, mon poisson est arrivé.
Peut-être du bar, mais je ne gagerais pas l’intérêt de mes dettes
là-dessus. Avec des patates
bouillies. Pis des fèves vertes. Vous dire que j’ai tripé, ça ne se dit pas… D’abord, le poisson était cuit, juste ce
qu’il fallait. À la perfection. Pis les patates. Ça doit ben faire deux siècles et demi que
j’avais pas mangé de patates bouillies (je ne m’en fais pas vraiment chez
nous…), mais celles-là m’ont réconciliée avec la vie de la patate
bouillie. Juste ce qu’il fallait de sel
dans l’eau. Pas trop, pas
pas-assez. La perfection faite
patate-bouillie. Pis les
fèves? Pareil!!! J’ai même fini par aimer le vin rouge
chaud-froid… Ça doit être à cause de
l’ambiance! C’est pas que ça
sentait la testostérone, non. Ça sentait
la sardine!!!... Tout le monde avait l’air de bonne humeur, malgré la
défaite. C’était vraiment beau à
voir. Avoir eu du gotsse, j’aurais pris
une photo tellement c’était beau. Mais
dans ce temps-là, moi, je file plutôt low
profile… Alors, pas de photo à vous
montrer, mais une image impérissable dans ma tête.
29. « vinneteu noveu »
Vendredi 24. Porto – Contexte: quand j’avais 14 et 15 ans (autant dire du
temps que la mer morte n’était pas encore malade), j’avais une correspondante
au Portugal, à Porto: Isabel. Quand
j’ai su que je passerais quelques jours audit Portugal cet été, je suis
retournée fouiller dans mes vieilles boîtes chez mon père pour trouver les
lettres d’Isabel. Parce que oui, je les
avais gardées. Je suis capable de jeter
bien des choses, mais des lettres, je n’y arrive pas. L’écriture, pour moi, c’est un des plus beaux
contacts entre les êtres humains (ah oui?), alors vous pouvez très bien
comprendre pourquoi je ne peux pas jeter les lettres que je reçois. J’avais donc écrit à Isabel, en janvier, à
l’adresse de ses parents. Et elle m’avait répondu!!! Alors, c’est ce soir, 29 ans après notre dernière lettre, qu’on s’est vues pour la
première fois!!!
Ça aurait pu être
un souper un peu étrange: qu’est-ce qu’on aurait à se dire? Mais Isabel est devenue responsable d’expositions
au Musée d’art contemporain de Porto… après avoir été ingénieure en
informatique! Je pouvais donc
espérer qu’on aurait quelque chose à se dire.
Et ce fut le cas. On a jasé
Portugal, Québec, enseignement, voyages, culture, amitié, famille… comme deux amies outre-Atlantique qui ne se
seraient jamais vraiment lâchées parce qu’on était plutôt à l’aise, l’une avec
l’autre. Ça a l’air que ses amies
trouvaient ça bien drôle qu’on se revoie, après toutes ces années. Moi aussi, je trouvais ça drôle… mais j’étais
contente d’avoir fait la démarche, en janvier.
Et contente de l’avoir appelée en arrivant ici. D’autant plus contente que c’est quelque
chose que je n’aurais peut-être pas fait, il y a quelques années, parce que je
suis une fille timide, au fond, et que j’ai toujours peur de déranger les
gens. Mais vous le savez:
l’épisode d’embolie pulmonaire (et tout ce qui a suivi) m’a rendue encore plus
sensible aux gens autour de moi. Et j’ai
envie de profiter des êtres humains qui m’entourent. C’est comme ça.
44. « koueu renne teu i
kouatrou »
Mercredi 22. Porto
– Ah ben
bâtard!!! Vous
ne me croirez pas: il mouille, à
matin!!!!!!!!!!!!!!!!! Ça fait 39
jours que je n’ai pas vu une seule goutte de pluie, pis là, jour de ma fête,
c’est le déluge!!!!! C’est qui, le
vlimeux, qui m’en veut??? Pis
c’est pas des blagues: Noé va vraiment devoir reprendre du service!
J’ai quitté Braga,
avec Lizanne, ce matin. Direction:
Guimarães. Les guides de voyage disent
que c’est la ville de la fondation du Portugal.
Je veux bien aller voir ça, moi, la fondation du Portugal. C’était chouette. Même sous la pluie. Ah oui: j’ai été obligée de m’acheter
un parapluie. Parce que, évidemment, je
n’en avais pas apporté: je m’en venais en Andalousie et au Portugal…
Après… excursion le
long du fleuve Douro. On veut aller voir
une Quinta, une exploitation vinicole qui fait du porto. Faque on en trouve une (y’en a plein, c’est
vraiment pas le choix qui manque). Pis
on la visite, sous la pluie. Pis on achète
du porto. Drette là, sur place. Plus genuine que ça, on se serait mis les
pieds dedans nuzautres même. Parce que
oui, ils foulent encore le raisin avec les pieds, huit heures par jour, rentrés
dedans jusqu’aux genoux… Sont fous, ces
Portugais. D’après vous, les orteils,
quand ça fait huit heures qu’elles sont dans le raisin, sont-tu
ratatinées?
On part pour Porto,
où on doit coucher (notre hôtel est réservé depuis le mois d’avril, à peu
près!). Je vous jure: c’est
le déluge. Il pleut, il pleut, il
pleut. Il vente. Noé?
T’es où, Noé? Oulala…
Qu’est-ce qu’il a
dit, déjà, Piton Ruel? Oui, c’est
ça: «Y’en aura pas de facile». Répétez après moi: « Y’en aura pas
de facile… » Heureusement, j’ai le
sens de l’humour et Lizanne aussi… Rentrer
dans Porto en voiture ne fut pas une mince affaire. Ça a juste confirmé que les indications
routières, au Portugal, c’est n’importe quoi.
Vous le savez: je ne fais généralement pas un pouce de trop pour
trouver mes hôtels. Malgré l’absence de
GPS: j’ai oublié de vous dire que mon GPS ne fonctionne pas ici: je
n’ai pas acheté l’accès aux cartes satellites d’Europe… au coût de
200$! C’est Sourya qui a tout
regardé ça pour moi, quand il était chez nous, à Cádiz. Et si mon
Chinois-Italien-maniaque-d’informatique me dit ça, je suis comme portée à le
croire, mettons. Bon. Côté indications, donc, on annonce
«centro» sur l’autoroute. On
sort. Pis là, aussitôt sorti, on
n’annonce plus rien. Youhou? Je conduis, Lizanne se démerde avec la
carte: «Tourne à droite».
Peux pas. Sens unique. «Ben tourne à gauche, d’abord. On tournera à droite tantôt…» «Là, on devrait être sur la
rue…» Ben, le temps qu’elle lise
la carte, c’est trop tard. «Là,
Lizanne, on est sur… ah j’ai pas eu le
temps de lire la pancarte.» Ça,
c’est quand pancarte il y a. Parce que
souvent, pancarte il n’y a pas. Mais
parce que nous sommes des filles vives et débrouillardes, nous sommes arrivées
devant notre hôtel. Pratiquement
mortes. On entre. C’est joli: ça fait quelques années à
peine que la chose est construite, à un jet de pierre du centre de la ville.
Là, la fille à l’accueil (qui parle un français pas pire pantoute) nous
explique qu’il y a eu un bogue avec le système informatique! (Maudits
systèmes informatiques, ça bogue tout le temps, ça!!!). Pis que là, l’hôtel est complet. Mais que comme on avait réservé depuis
longtemps, ils nous envoient dans un hôtel-cinquétoiles: ils payent le
taxi, la chambre au cinquétoiles, le déjeuner et le retour en taxi demain
matin. Lizanne et moi, on se regarde et
on rit. «C’est
correct.» Rentre l’auto dans le
garage ici, sort les valises. Le taxi
arrive. Le chauffeur ressemble à
monsieur Magoo. C’est parce qu’on a ri
à peu près pendant tout le trajet. Un
espèce de malade!!! Tout le long
du trajet, il a chanté, marmonné, parlé à une vitesse affolante à un ami
imaginaire assis sur le banc du passager, conduit à une vitesse affolante,
klaxonné après tous les autres taxis qu’on a croisés… On ne savait même pas s’il nous parlait, s’il
chantait ou s’il parlait à son ami imaginaire.
Un moment donné, on a pensé qu’il nous demandait le nom de l’hôtel où on
allait (c’est qu’on ne l’avait pas retenu, mettons…). Lizanne dit: «Si, si». Ben là, il s’est mis à chanter une chanson
dont les paroles étaient «si, si».
Je vous jure: un bonhomme de même, ça s’invente pas. On a fini par arriver, saines et sauves, mais
avec des crampes dans le ventre…
On prend possession
de nos chambres cinquétoiles. Je suis au
12e. Je suppose que ça doit
être beau, mais on voit rien: c’est complètement bouché.
On voulait sortir
pour souper, mais à cause de la pluie et de notre écœurement collectif, on va
souper au resto de l’hôtel cinquétoiles.
Mettons que j’ai pété mon budget accordé par le ministère de la Chasse, de la Pêche et de l’Éducation,
juste avec l’entrée. Mais c’était ma
fête, ça se justifie. (Depuis quand
est-ce que je justifie mes sorties au resto, moi???) Amuse-gueule et mousseux portugais. Entrée de foie gras, sauce au porto (tiens
donc) et mousse de pommes. Agneau en
croûte de sel. Arrosé d’un vin rouge du
Douro (on était toujours ben pas pour boire un vin australien en pleine région
du Douro…). Dessert: mou au
chocolat (comme Fanny est capable d’en faire!) avec fraises marinées dans
l’alcool (comme Jean et moi, on faisait à Bruxelles) et crème glacée à la
vanille (pis c’était pas de la IGA…). Pis là, question de nous achever,
surprise: morceau de gâteau au
fromage et verre de porto, offerts par la maison. Le gars à la réception, parce qu’il avait vu
ma date de naissance sur mon passeport, a dit au responsable du resto que
c’était ma fête. Parce qu’il y avait une
chandelle sur le morceau de gâteau au fromage.
Je peux-tu vous dire que: 1-je ne marchais pas tout à fait en
ligne droite pour me rendre à l’ascenseur; 2-je ne me serais jamais
rendue au 12e s’il n’y avait pas eu d’ascenseur; 3-je suis
tombée raide morte endormie dès que j’ai posé ma tête sur l’oreiller; 4-je me suis réveillée à 5h du matin, en sueurs, en train de cuver mon vin et
digérer toutes les affaires solides et liquides que j’avais ingurgitées;
6-je ne vous ai pas fait honte, ne craignez rien; 7-j’ai pris la
résolution de ne pas boire, en ce lendemain de mes 44 ans…
150. « seuny sikuennteu »
Jeudi 16. Figueira
da Foz. – Je
vous dis pas ce que ça m’a couté, moi, d’avoir une deuxième valise à
charrier. Pour les vols transatlantiques
(genre Lisbonne à Newark), pas de problème pour deux valises. Mais pour les vols intérieurs (genre Séville
à Lisbonne – je sais, c’est pas le même pays, mais c’est pas ben loin l’un de
l’autre, c’est intra-ibérique en tout cas…), ça coute une petite fortune… même
si j’explique, doctement, que si j’ai deux valises, c’est parce que j’ai un vol
transatlantique après… Rien à faire,
sauf de payer. Cher. J’assume.
C’est la vie, que je me dis. En
Euros, c’était déjà cher. 100. En dollars canayens, ça fait une fois et demi…
J’ai pris
possession de mon char loué à l’aéroport Portela de Lisbonne. Pour l’exotisme, on repassera: une Ford
Fiesta. Ouan. Au moins, elle est au diésel. Pis vous dire si j’ai été bonne pour me
dépêtrer pour sortir de l’aéroport et des dédales de routes qui tournent
autour, c’en était jouissant. Je vous le
répète: je me trouve bonne!!!
(ça s’est visiblement gâté…) J’ai
roulé d’un bon pas (problème de cohérence ici) et je suis arrivée à Figueira da
Foz, à 1h30 au nord de Lisbonne. J’ai à
peine gossé pour trouver mon hôtel, un IBIS.
Qui a déjà voyagé en Europe (surtout en France) sait qu’un IBIS, c’est
un IBIS. On sait à quoi s’attendre et
c’est ça qu’on a. Pas de surprise. Sauf pour ce qui était du petit Poussin à
l’accueil. Tellement fin… Je l’aurais adopté. Juste adopté.
Parce qu’il était 1-trop jeune et 2-pas dans mon équipe.
Premier souper
portugais. Je me ramasse en face du
casino (non, je ne suis pas allée dépenser mon argent… j’avais assez bien fait
ça en partant de Séville!), dans un resto rempli de… Portugais. Ça, je trouve toujours ça rassurant. J’ai eu, en entrée, une sardine marinée qui
aurait fait hurler Sourya de bonheur.
J’ai même pas pu résister à tremper mon pain dans la vinaigrette qui
mouillait le fond de l’assiette, tellement c’était orgasmique. Pis après, une brochette porc et crevettes. Attendez de voir la photo!!! Tout ça arrosé d’un demi-litre de vin
portugais rouge qui a fait que j’ai pas trop marché droit pour revenir à mon
hôtel. Heureusement, c’était à trois
pas. Je trouve que le Portugal, ça
commence bien. Et entre vous et moi, les
Portugais (du moins ceux que j’ai vus jusqu’à maintenant) sont plus beaux que
les Espagnols. Ça ne gâte rien… J’ai donc terriblement bien dormi, surtout
que je regagnais une heure. Parce que
oui, mes Trésors, je suis maintenant une heure plus près de votre cœur… Il n’y a que 5 heures de décalage entre le
Québec et le Portugal et non plus 6, comme le reste de l’Europe. C’est chouette de vous sentir plus près…
300. « Trézennetouche »
Dimanche 19.
Braga. – C’est ce que j’avais dit: c’est
le jour du Seigneur. Il fait beau soleil
(genre 30). Les pèlerins et les familles
sont nombreuses sur la montagne de Bom Jesus, surtout qu’il y a un parc – la
forêt – qui entoure l’église, avec des tables à piquenique. Alors, je décide de descendre. Je vais aller visiter Braga pendant que le
Tout-Braga est sur la montagne. Y’ont
ben faite. Y’a rien à voir le dimanche à
Braga. Tout est fermé. J’aguis le dimanche.
Je reviens sur la
montagne en fin d’après-midi et je croise des Québécois que je connais: Isabelle,
prof d’université à Sherbrooke, et Annabelle, une de ses étudiantes à la
maitrise à qui j’ai déjà enseigné à l’UQAM.
On jase un peu et on décide de s’organiser pour aller à l’université
pour l’inscription au colloque. Vous
dire si c’était plate… Ça se faisait en
portugais (je veux bien, on est dans un colloque européen qui se déroule au
Portugal) avec interprète en anglais dans l’oreillette. C’est juste que l’interprète, c’était une
Russe avec un accent terrifiant (oui, oui: une Russe qui traduit du
portugais à l’anglais. C’est ça, la
mondialisation, mes amis). La salle où
s’entassaient plus de 300 personnes
était surchauffée… alors, j’ai décidé de sacrer mon camp. M’ont suivie: Isabelle et Annabelle,
ainsi qu’André, Julie et Brigitte, que je ne connaissais pas mais que j’ai
connus. Brigitte et moi, on a décidé de
revenir sur notre montagne pendant que les autres sont allés faire acte de
présence au cocktail dinatoire… Ça
commence bien: dès la première soirée, je fais colloque buissonnière. Et sans l’ombre d’une culpabilité. C’est ça, les colloques internationaux. Ça dure deux ou trois jours, mais on y va
juste la journée de notre présentation.
Pis tout le monde fait ça. Je
suis pas plusse mal élevée que les autres.
75 000 « seussenneteu
y kizeu mil »
Vendredi 24. – Porto. J’ai fait un titour guidé d’autobus à deux
étages où l’étage du dessus est ouvert pour permettre aux touristes de
contempler la ville. Richard et moi, on
avait fait ça à Barcelone, l’année passée.
Faisait un peu frette pour être en camisole en haut (mettons qu’il
faisait 22, mais des fois y’avait du soleil et des fois pas), mais comme je
suis une fille du grand nord, je suis restée là. Je suis faite forte, moi. J’ai vu des ben beaux coins de Porto. Pis j’ai débarqué de l’autobus à Gaia,
l’autre bord de Porto (Porto est d’un bord du Douro et Gaia, de l’autre
bord). À Gaia, j’ai visité une cave de
porto (ben quin, c’est comme ça), celle de Fereira. Vous dire que ça sentait l’alcool là-dedans,
eh misère… Les cheveux commençaient à me
friser! Dans un tonneau, il y a en
moyenne de quoi faire 75 000
bouteilles de porto. Pis des
tonneaux, y’en a des centaines… C’est
profondément hallucinant.
De Gaia, on a une
vue sur Porto qui arrache la gueule.
C’est tellement beau!!! Je
pense que j’ai eu un ticoup de cœur. Pas
aussi gros que celui à Gibraltar, mais pas loin. La ville est toute en pentes, alors on voit
plein d’affaires (genre les 800 églises de la place) quand on est de l’autre
côté. Je serais restée là tout
l’après-midi et j’ai dû prendre à peu près 800 photos. J’ai d’ailleurs failli passer l’après-midi
là, parce que l’autobus touristique qui devait me ramasser (il passait aux 30
minutes) n’est jamais arrivé. L’autobus
de la ligne rouge est passé, mais point il y eut celui de la ligne bleue. Faque j’ai décidé de marcher jusqu’à
Porto. J’ai traversé à pied le splendide
pont Luis I sur l’étage du bas, un de nombreux ponts qui relie Porto à l’autre bord.
Pis j’ai pris un funiculaire (décidément, ça commence à en être une
habitude!) pour monter sur la partie haute de la ville. Pis là, j’ai marché, marché, marché. Je me suis ramassée à la FNAC (oh non!!!!!!!!) pis j’ai acheté des
disques. Je veux pas de musique
portugaise, je vais être trop mêlée. Faque
j’en ai juste acheté 4. Pis j’ai marché,
marché, marché. Et j’ai regardé ma carte
de la ville à peu près à tous les coins de rues. Parce que les cartes, ben, sont pas très bien
faites. Pis la droiture des rues non
plus, remarquez. J’ai l’habitude des
rues européennes, mais là, c’est dans le sérieux. Je manque de me perdre à peu près aux deux
coins de rues. Sur la carte, ça donne
l’impression que ça va en ligne droite, mais la réalité n’est pas vraiment en
ligne droite. Ça vire un petit peu, comme
qu’on dirait. Alors, régulièrement, je
me ramasse sur la rue d’à côté, moi qui possède le sens de l’orientation le
plus sûr de l’univers. Et il faut que je
vienne me changer à l’hôtel parce que je sors souper, ce soir…
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